mardi 9 juin 2009
Week-end dans le sud-est
Par Erwan, mardi 9 juin 2009 à 23:01 :: Voyages
Jeudi 21 mai, départ...
Pour voyager en avion, il faut... un avion. Je l'ai déjà évoqué dans le billet précédent, le retour à Ancenis du PA-28 de l'aéroclub a été quelque peu épique. Bloqué par la météo en Espagne, puis de nouveau bloqué à Perpignan pour la même raison, puis bloqué le matin même par une batterie récalcitrante. Le suspens jeudi matin est donc à son comble. Je tue le temps à peaufiner l'étude de la météo, jusqu'au coup de fil salvateur qui m'apprend que l'avion est en route. Hop ! On saute dans la voiture, direction l'aérodrome.
L'organisation est rodée par quelques années de pratique, Véro s'occupe de la logistique et des poussins[1], je m'occupe de l'avion (encore chaud) et de tout ce qui concerne le vol lui-même: prendre une dernière météo, préparation des cartes avec le pliage adéquat et dans l'ordre d'utilisation[2], les cartes VAC, et bien sur la pré-vol.
Nous voilà donc partis. Au final, le Juliet Mike n'aura même pas séjourné une heure sur le parking d'Ancenis. J'ai préparé plusieurs routes en fonction de la météo... la plus directe d'Ancenis vers Aix en Provence à travers le massif central, avec plusieurs escales possibles pour avitailler si le vent est défavorable. Une par le nord puis re-descente par la vallée du Rhône, et une par le sud.
Météo France n'annonçant que la possibilité d'orages peu violents, j'ai choisi la route directe, à réviser en vol en fonction de la situation que nous rencontrerons aux abords du massif central. L'air est calme et les deux poussins s'endorment bien vite à l'arrière, bercés par le ronflement du Lycoming[3]. Comme à son habitude Véro suit la navigation le doigt sur la carte. Après un peu plus d'une heure de navigation quelque peu monotone, nous passons Limoges sans rencontrer l'ombre d'un cumulo-Nimbus, je confirme donc la route directe. Le relief s'élève peu à peu... Je grimpe par palier, jamais trop loin du sol pour profiter du paysage. Nous découvrons pour la première fois le massif central vu du ciel, et malgré un temps un peu tristounet et une visibilité moyenne, il y a de belles choses à voir... qui donnent envie de revenir admirer tout ça sous une belle lumière d'hiver...
Passé le cantal on aborde de grandes étendues vides de toute habitation. Le vent nous fait gagner 15kt, ce qui nous donne une marge plus que confortable au niveau carburant. A l'arrière c'est l'heure du réveil (ou plutôt celle du goûter...). Étape ou pas étape ? L'autre facteur critique après la contenance des réservoirs de l'avion, c'est celle de la vessie des occupants de l'avion. Rien à signaler de ce coté, on décide collectivement de sauter l'étape de Mende, dont nous devinons le terrain sous l'aile droite. Le paysage se fait encore plus désolé...
Autant le relief s'élève progressivement jusqu'à Mende, autant la rupture est brusque en débouchant sur la vallée du Rhône. Même remarque en ce qui concerne l'espace aérien qui se complexifie nettement après le tranquille transit dans les SIV de Limoge ou Rodez. La carte vallée du Rhône au 1:250000 devient alors indispensable. Les contacts s'enchainent de fréquence en fréquence, avec à chaque fois le même gag « euh... vous pouvez me rappeler votre terrain de départ ? » ... moi qui croyait que Ancenis était mondialement connue, quelle déception... On passe Avignon, longeant la Durance avant d'obliquer vers notre destination après Cavaillon.
Encore quelques minutes de vol au dessus d'un paysage qui sent le soleil, et la piste d'Aix les Milles est là, bien visible juste devant nous. Le contrôleur nous autorise à faire une directe en 15...
Après 3h30 de vol, nous y sommes... impatients de retrouver nos amis Caro et David, et leurs enfants.
Notes
[1] Seulement les deux "grands", puisque avion quadriplace oblige, le petit dernier n'est pas du voyage...
[2] Pas moins de 5 cartes pour ce vol: la cartabossy au 1:1000000, la carte Marseille Vallée du Rhône au 1:250000, ainsi que les carte nord-ouest, sud-ouest et sud-est au 1:500000.
[3] ... et un Lycoming, ça ronfle fort...





















