samedi 15 mai 2010
Bety à Chavenay
Par Erwan, samedi 15 mai 2010 à 23:16 :: Voyages
7h30 un jeudi de l’ascension à Ancenis. J’ai l’aérodrome pour moi tout seul et j'avoue que ça me plait... Tranquillement je prépare Bety, le J3 de mon aéroclub. Objectif Chavenay, en région parisienne, le terrain où j’ai appris à voler, pour y retrouver les amis de la pilotlist.
L’air est calme et frais, très frais même, au point qu’au bout de quelques minutes de vol je dois me contorsionner pour attraper ma veste roulée en boule dans le fond du coffre. Le courant d’air qui court le long de la manette de gaz à gauche me ferait presque regretter de ne pas avoir emporté de gants... Drôle de mois de mai.
110 km/h au dessus de la campagne, ça laisse du temps pour comparer la carte et le paysage. Naviguer sans autre aide fait partie du plaisir de voler en cub... Et de toute façon je ne me suis jamais résolu à mettre dans un GPS portable l’équivalent de quelques précieuses heures de vol. Les longues départementales rectilignes au nord-est d’Ancenis sont une aide précieuse pour vérifier ma dérive au début du parcours, des repères biens choisis font le reste. la Mayenne est franchie près du Lion d’Angers, puis la Sarthe, puis l’autoroute A11, avant de retrouver les boucles de la Sarthe qui m’amènent jusqu’au Mans.
Après 1h30 de vol atterrissage au Mans pour un ravitaillement express, avant de reprendre les airs vers ma destination. La visibilité est bonne, l’air se réchauffe tout doucement, des embryons de cumulus tentent paresseusement d’apparaitre ici et là. Je laisse rapidement l’autoroute A11 glisser sous l’aile droite pour chercher une ligne imaginaire vers Chavenay, qui me fera passer au nord de Chartres. La météo avait prévu un petit vent de face, confirmé par mes estimées. Rien de bien méchant, mais en cub, chaque km/h de vent compte.
Après trois quart d’heure de vol le paysage s’aplatit. C’est la Beauce, platitude égaillée par les champs de Colza... Chartres est en vue, un coup d’œil à la montre me confirme qu’Eole ne m’est pas trop défavorable, et que je pourrais rejoindre Chavenay sans passer une deuxième fois par la case pompe à essence. Passé la vallée de l’Eure à Maintenon sous un ciel redevenu bien gris, je retrouve le « terrain de jeu » survolé tant de fois... Encore quelques minutes au dessus de la forêt de Rambouillet et je distingue la fumée de l’incinérateur, alias le « VOR de Chavenay » , point de repère immanquable juste au sud-ouest du terrain.
Hop, posé, Bety roule sur l’herbe de Chavenay 4h pile après mon départ, dont environ 3h30 de vol.
Pendant que petit à petit les colibris[1] arrivent sur le terrain, Alain prépare le Barbecue « à la fraiche » comme Susana ne croyait pas si bien dire, vu que la température approche péniblement les 10°c. Pour avoir une idée de ce qu’est un rassemblement de colibris, le mieux est d’aller voir sur le récit vu du blog de Susana.
Après un petit vol local en formation le temps d’une séance photo, l’avion passera la nuit à l’abri dans le hangar grâce à la gentillesse des membres de l’aéroclub Bertin.
Vendredi matin, après une petite visite à mon ancien aéroclub je retrouve mon bidule jaune préféré. La route sera la même qu’à l’aller, mais avec cette fois-ci une escale à Chartres. J’ai la journée devant moi, sans autre contrainte que celle d’être de retour à Ancenis avant le coucher du soleil. Avoir tout son temps est un luxe dont je compte bien profiter. La grisaille matinale se dissipe... Ça ressemble déjà un peu plus au printemps, les ascendances se précisent, ce sera sans doute une belle journée pour les planeurs. Les pompes font gratuitement gagner une ou deux centaines de pieds mais rendent le vol un peu remuant.
Souvent le Piper jaune attire la sympathie, ouvre la discussion. Au Mans, l’escale ravitaillement du retour se transformera en longue pause de deux heures passée à discuter avec d’autres passionnés, autour de Bety, et d’un autre L4 magnifiquement restauré dans ses couleurs militaires. Quand je reprend l’air vers Ancenis dans l’après-midi, je pense déjà aux prochaines navigation en cub, avec des envies de voyages vagabonds de terrain en terrain... Le prochain est d’ailleurs déjà prévu: fin juin j’emmènerais Bety retrouver ses congénères à Arcachon, pour le rassemblement annuel du Piper Club de France.
photos Susana






















