L'avion jaune

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vendredi 19 juin 2009

Rassemblement à Mauléon

Dimanche 14 juin avait lieu à Mauléon un rassemblement d'avions de construction amateur et de collection... Et comme à Ancenis nous volons régulièrement sur un avion de 1944 (le J3 évidemment), nous avons décidé d'aller le montrer, accompagné pour l'occasion du Fournier RF6-B.

Nos deux montures, prêtes au départ:

J3 et RF6

Trajet à 1500ft, sous le ciel gris, et quelques averses éparses...

d'Ancenis à Mauléon en J3

Pendant que le J3 trace sa route à... vitesse de J3, le RF6 se promène autour de nous. Après une arrivée arrosée (par la pluie), le Piper Cub se taille comme toujours son petit succès. Je me promène en admirant les avions qui arrivent peu à peu, comme ce Mousquetaire, toujours impressionnant par sa taille... un Jodel échelle 1 1/2 en quelque sorte:

Mousquetaire

Un Stampe re-motorisé (c'est moins élégant qu'avec le moteur en ligne Renault d'origine et son capot long et fin, mais plus fiable) et un VariEze:

Stampe et VariEze

Le MCR4S de Saint-Nazaire, construit en partenariat avec le lycée de Pontchâteau. Cet appareil est équipé d'un malonier permettant aux pilotes handicapés des membres inférieurs de gouter aux joies du pilotage:

MCR4S

Pour les amateurs d'avions Piel (Patrice, si tu nous lis), le CP751, biplace en tandem:

CP751

Dyn Aero MCR-1:

Dyn Aero MCR-1

Un attroupement se forme, le repas est proche:

repas

Dans le hangar se cache un très beau VariEze, magnifiquement réalisé:

VariEze

Dehors le soleil apparait... Un Menestrel (un avion que j'adorerais essayer), tous cylindres dehors:

Menestrel

Dyn'Aero CR120 multicolore:

CR120

Chacun repart sous le soleil, et après une dernière boisson fraiche, nous faisons de même. Pour le retour je suis aux commandes, en place arrière donc, pour une petite heure à voler lentement au dessus de la campagne, pas très haut, une navigation en cheminement où le jeu est de reconnaitre routes, villages ou cours d'eau... bref, le charme inépuisable du vol en J3.

jeudi 3 avril 2008

Lâcher PA-28

Si vous parcourez ce blog de temps à autres vous aurez deviné que j’ai un faible pour les machines plutôt légères et/ou spartiates, et en tout cas amusantes à manier: J3, Lionceau, RF6, et bien évidemment le DR221 qui représente une sorte de compromis idéal entre le plaisir du pilotage et les performances. Comme la vie n’est pas si injuste, il se trouve que ce sont en général des avions (relativement) économiques.

Comme le J3, le PA-28 sort de la maison Piper, mais la ressemblance s’arrête là. Série née au début des années 60 et déclinée en plusieurs versions et motorisations, le PA-28 est un quadriplace métallique à ailes basses. Celui du club est un Archer III de 180ch récent et en parfait état. Au premier regard l'appareil donne une impression de robustesse. Ça fait costaud, plus « gros avion » qu'un DR400 par exemple.

Piper PA-28

L'habitacle auquel on accède par une unique porte située à droite est confortable et spacieux, surtout en comparaison de mes trapanelles habituelles. Aucun souci pour caser confortablement mon mètre 84 dans les sièges moelleux. Il est également très bien équipé, avec une planche de bord regroupant l'ensemble des instruments nécessaires en IFR[1], ainsi qu'un GPS et un pilote automatique. Ça et les quelques boutons situés au plafond (démarreur, magnétos, alternateur, pompe électrique, phares…) permettent au pilote du dimanche de s’imaginer quelques instants aux commandes d’un airbus... ou disons plutôt d'un Boeing ancienne génération.

Planche de bord Piper PA-28

Il est temps d'aller essayer de faire voler le bestiau. Premières sensations au décollage: c’est du lourd. Les habitués du PA-28 ou de son homologue le Cessna 172 souriront sans doute en lisant ces lignes, mais pour moi qui suis habitué à manier un manche avec deux doigts l'effort est sensible. L'habitude vient cependant assez rapidement, mais on comprend rapidement pourquoi il est indispensable de bien compenser l’avion, en particulier lors de l'atterrissage... à moins d’avoir un biceps gauche sur-développé, ce qui n’est clairement pas mon cas.

Le vol commence par une familiarisation avec l'avion, et en particulier avec son avionique, avec un topo sur l'utilisation et les différents modes du pilote automatique. Jusque là rien de bien compliqué. Coté pilotage c’est moins brillant, avec une impression de retard et d'inertie à chaque action sur le volant. Je me rend compte que j’ai pris certaines habitudes qui sont incompatibles avec un avion qui se pilote plus aux paramètres qu’aux fesses. D'où une deuxième séance consacrée uniquement à la maniabilité, afin de me sentir plus à l’aise aux commandes, et confirmer qu'un lâcher est toujours une excellente occasion d'apprendre et de remettre son pilotage en question.

Il est clair que pour le plaisir du pilotage pur on repassera, mais cet avion présente d'autres qualités: confort, stabilité, et vitesse de croisière correcte[2], bref les qualités d’un avion conçu pour aller d’un point A à un point B - si possible par l’itinéraire le plus direct et confortablement installé - plus que pour la balade zigzagante. L’efficacité plutôt que plaisir ? Ce serait vrai si je mettais de coté un plaisir un peu oublié ces derniers temps, celui de voyager en famille... Donc rendez vous un de ces jours avec ce PA-28 stable et confortable pour une balade avec femme et enfants, après avoir transvasé le contenu du coffre du monospace vers celui du Piper.

Notes

[1] Instrument Flight Rules, vol aux instruments.

[2] A motorisation équivalente les performances sont cependant nettement inférieures à celles d'un DR400.

lundi 3 décembre 2007

Le Fournier RF6-B

Me faufilant avant l’arrivée d’un coup de vent, je suis allé samedi dernier me faire lâcher sur le Fournier RF6-B. Soit dit en passant, il s'agit du sixième vol consécutif non-annulé pour cause de mauvais temps, ce qui constitue une sorte de record miraculeux, surtout en automne. On verra samedi prochain si cette chance insolente perdure, le suspens est totalement insoutenable...

A propos de chance et d'avions Fournier, j’ai eu le bonheur de voler une (trop) petite dizaine d’heures dans le monoplace RF4D de mon aéro-club chavenaisien, avant qu'il ne soit vendu (le RF4, pas l'aéro-club...). Un appareil fin et léger, qui permettait de se faire immensément plaisir pour quelques litres d’essence par vol, et la moitié du tarif horaire d’un DR221. J’aborde donc le RF6 avec un a priori plus que positif.

Fournier RF6-B F-GADY

Comparé au RF4D, le RF6-B présente l’aspect plus classique (pour un avion s’entend) d’un biplace cote à cote. Construit dans les années 70, il a été produit en 45 exemplaires seulement[1]. Il est esthétiquement très pur avec un fuselage fin aux lignes tendues sur lequel est posé une petite verrière en forme de bulle, offrant une parfaite visibilité. Seul le train d’atterrissage gâche un peu le tableau, lui donnant un faux air de gros jouet pas tout à fait à l'échelle.

Arrivé en avance je m’installe à bord pour lire le manuel de vol et me faire un premier amphi cabine en solo en attendant le chef lâcheur. Comme nombre d’avions (celui là n’est pas si vieux pourtant), l’habitacle semble conçu pour l’hypothétique pilote standard d’1m70. Je tâtonne quelques instants avant de trouver une position à peu prêt correcte, ça n’est pas bien grand tout ça... Au roulage on note quelques bizarreries, tel les freins actionnés via un levier qui nécessite les deux mains pour être bloqué en position parking (ergonomie quand tu nous tiens), ou le système de verrouillage de la roulette avant encore plus farceur que celui du DR400...

Fournier RF6-B F-GADY

Après quelques derniers conseils sur le pilotage du bestiau, c’est le décollage en 26, tracté par un moteur un peu poussif. Mais les quelques petits défauts précédemment évoqués sont vite oubliés dès que l’air file sur les gouvernes et qu’on commence à jouer avec les commandes[2]. C’est souple, fin et agréable, d’emblée je me sens bien dans cet avion.

C'est le programme classique d'un lâcher: quelques évolutions au nord du terrain, des virages plus ou moins inclinés à gauche et à droite pour prendre les repères d’assiette, un peu de vol lent. Ça embarque franchement sur le coté au décrochage, action ferme au pied obligatoire.

Après un encadrement conclu par un premier atterrissage un peu brutal, je trouve rapidement le truc pour le poser en douceur. Aujourd’hui le vent souffle dans l’axe, mais les 22kt de vent de travers démontré seront plutôt utile en Bretagne, surtout en cette saison.

Voilà... une petite machine amusante comme tout à piloter, idéale pour la balade (relativement) économique, seul ou à deux, un peu comme le Lionceau finalement.

Sur les bons conseils du chef lâcheur, je repars faire deux tours de piste en solo pour le plaisir. C’est toujours ça de pris en attendant le mauvais temps.

Silhouette du RF6-B F-GADY

Notes

[1] En revanche comme d’autres créations de René Fournier (par exemple le RF10 devenu Ximango au brésil), le RF6-B a connu plusieurs réincarnation. Devenu T67 chez Slingsby aviation, avec des motorisations de plus en plus puissantes (jusqu’à 260ch) et le passage de la construction en bois d’origine à une cellule en composites, il a été utilisé comme avion d’entraînement notamment pour la RAF, au Canada, et également aux Etats-unis sous le nom de T-3A Firefly.

[2] pour être tout à fait honnête, l’air file aussi un peu partout sous la verrière à l’étanchéité toute relative, un vrai nid à courants d’air.

mardi 27 novembre 2007

Reflets et rebonds

Samedi matin, encore un magnifique ciel bleu, même pas la moindre trace de brouillard, ça en deviendrait presque suspect...

Piper J3

Il fait frais et il faut quelques minutes pour laisser tranquillement chauffer le moteur, ce qui me laisse largement le temps d'observer attentivement la manche à air... Du vent de travers, plutôt irrégulier, laissant présager des atteros un peu plus techniques que lors de mes précédents vols par calme plat.

L'impression est confirmée au décollage, le J3 se fait un peu remuer en montée initiale, puis au dessus de 300 pieds tout se calme brusquement. Seule la lenteur par rapport au sol rappelle la présence du vent. Après un court vol local vers l'est, vers Saint Florent le Vieil et Varades, je retourne au terrain. Un J3 vent dans le dos va beaucoup plus vite, c'est une évidence.

Le tour de piste est tranquille, mais on retrouve l'air agité en finale: je me fais un peu balader avant un, enfin plutôt des toucher(s) peu élégants et ponctués par le crissement des pneus sur le bitume. Au moins sur l'herbe on peut oublier le son... Ça part à gauche, puis à droite le temps de me pencher vers l'avant pour repousser la tirette de réchauffe (située judicieusement à droite de la place avant, celle du passager donc[1].). Allez hop je repars pour un tour, un peu vexé il faut bien l'avouer. Le J3 rend humble... leçon confirmée par le deuxième (et dernier) atterrissage, du même tonneau que le précédent. Pas de doute il va falloir (re)travailler tout ça.

Allez, une dernière photo avant de partir... sans rancune.

Piper J3

Notes

[1] tout ça date d'une époque où le mot ergonomie n'avait même pas été imaginé...